Le dirigeant qui s'épuise ne souffre pas seulement d'un excès de travail : il occupe une place où il ne peut ni se plaindre, ni s'arrêter, ni se faire remplacer. L'épuisement dit souvent quelque chose de cette place.
Qu'est-ce qui distingue le burn-out d'un chef d'entreprise de celui d'un salarié ?
Le salarié peut se mettre en arrêt, changer de poste, demander un aménagement. Le dirigeant, lui, est l'entreprise : s'arrêter, c'est mettre en péril des emplois, un patrimoine, parfois une histoire familiale. Il n'a ni hiérarchie à qui rendre compte de sa fatigue ni collègue à qui la confier. Il tient donc plus longtemps, et il tombe plus brutalement.
Quels sont les signes qu'on s'épuise sans se l'avouer ?
Des signes ordinaires : sommeil haché, irritabilité qui n'était pas la vôtre, difficulté à déléguer, sentiment que tout dépend de vous, plaisir qui s'éteint dans ce qui vous portait. Et des signes moins visibles : on continue de décider très bien, mais on ne désire plus. La compétence tient, le désir se retire.
Faut-il d'abord consulter un médecin ?
Oui. Fatigue profonde, sommeil perturbé, humeur très basse, anxiété envahissante : l'évaluation médicale passe en premier. La psychanalyse n'est pas une prise en charge médicale et ne la remplace pas. Elle peut accompagner, en parallèle ou ensuite, un travail sur ce que cette épreuve a mis au jour.
Qu'est-ce qu'un travail analytique apporte que le repos ne règle pas ?
Le repos soigne la fatigue, pas la place. Une situation composite : un dirigeant de la deuxième génération d'une entreprise familiale, très performant, s'effondre après une opération de croissance réussie. Après quelques semaines d'arrêt, il reprend, et recommence à se vider. Dans l'espace analytique, ce n'est plus la charge de travail qui revient, mais une loyauté ancienne : ce qu'il doit à son père, ce qu'il n'a jamais pu dire de la reprise, ce que « ne pas décevoir » lui coûte. Le travail ne remplace pas le repos : il s'intéresse à ce qui fait que le repos ne suffit pas.
Comment parler de son épuisement sans nuire à l'entreprise ?
C'est la question que se posent presque tous les dirigeants : à qui le dire sans inquiéter les équipes, les associés, la banque, la famille ? Un cadre indépendant de l'entreprise, sans compte rendu et sans lien avec vos conseils, permet de dire ce qui ne peut se dire ailleurs. Les entretiens se tiennent en cabinet à Limoges ou à distance, en français, de façon strictement confidentielle.
Pour un premier échange : frederic@duplessy.net.
Pour aller plus loin : Psychanalyste pour chefs d'entreprise en France, La pression de l'héritier d'entreprise familiale et À qui parler quand on dirige seul ?
Frédéric Duplessy est psychanalyste depuis 2016 et ancien chef d'entreprise. Praxis Apex accompagne en confidentialité des dirigeants, des familles d'entreprise et leurs conseillers, en cabinet à Limoges ou à distance. Il est l'auteur de « L'esprit d'analyse : la psychanalyse à la portée de tous » (2020).